30.04.2009
La Fin des Illusions
Je suis venu te dire...
Je déteste les fins. Je n'aime pas les adieux. Peut être parce que j'ai beaucoup donné. Peut être par lâcheté. Alors longtemps j'ai préféré que le mot fin ne vienne pas de moi. Parce qu'il y a des pertes dont on ne se remet pas. Celle de mon frère il y a 14 ans.
J'ai été un survivant longtemps. Un mort vivant. Parce que ma vie, elle, a continué. Mal, n'importe comment, destructrice. Mais je n'ai pas eu le choix ou le courage d'arrêter. Alors j'ai continué. Je n'ai jamais été apaisé. J'ai déjà dit ici ma jeunesse dorée, avec une collection de diplômes; mon arrogance de jeune con, la famille d'accueil que j'ai eu un temps dans la "haute" fonction publique des tatas.
Je suis devenu un préquarantenaire. J'ai survécu jusqu'à présent. A un moment pariculièrement creux de ma vie, ce blog m'a été utile. Pour ralentir ma course et me faire revenir sur quelques évènements de ma vie, de mon quotidien que je n'aurais jamais eu le courage d'affronter. A recevoir quelques encouragements et quelques insultes sur l'indécence de raconter un quotidien qui n'est pas matériellement difficile.
Ma vie s'est ralentit même si le temps va toujours plus vite. elle est moins brouillonne. moins légère aussi. Je sais que je n'ai plus le temps. Le temps de dire que rien n'est grave, que rien ne compte vraiment, que tout n'est qu'une répétition et que ce qui est raté sera réussi la prochaine fois. J'ai perdu mes illusions. J'ai peur. Alors je me protège. Je me voile les yeux pour ne pas voir la laideur.
Ma misanthropie, ma peur, ma lâcheté m'ont reclus. Et finalement je ne me sens pas si mal, loin du monde. Du monde que j'ai connu en tous cas. J'ai appris à n'en garder que le meilleur. Que celui qui me convient. Que celui qui m'accepte. La présence de P. à mes côtés qui est tout le contraire a été et est d'une aide précieuse. Mais nous sommes deux personnes. Il y a des moments à lui, il y a des moments à moi. Il vit sans se poser des questions. Je sais qu'il comprend mal mes tortures. qu'il est mal à l'aise quand il sent le frère mort entre ma mère et moi. quand j'évoque des souvenirs de tapettes avec mes ex qui sont finalement mes seuls amis.
Je mesure le flou de ce que j'écris. le grand mix de n'importe quoi. En substance, ce que je cherche à exprimer:
- je suis en train de devenir adulte.
- j'ai peur du monde qui m'entoure.
- je comprends que je ne peux pourtant lui échapper.
- mes souvenirs me pèsent mais expliquent ce que je suis.
- ce blog ne sert plus à rien et je l'arrête.
Merci à tous ceux qui m'ont lu. Merci à certains en particulier avec qui finalement cette relation épistolaire a été riche à certains moments. Je ne sais rien d'eux mais je ne les ai pas oubliés.
10:57 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
02.04.2009
green washing
j'ai du dire ici qu'il m'est difficile de me déplacer sans ma voiture qui m'a toujours paru le plus confortable pour aller d'un point a à un point b. on m'objectera que je devrais faire du vélib, de la marche à pied ou prendre le métro, que mon 4x4 est une machine à polluer que je devrais agir de façon responsable, etc.
au risque du politiquement incorrect, je pense que prendre ma voiture est un acte réfléchi et responsable. que je paie une somme indécente d'impôts qui me donne au minimum le droit d'utiliser ma voiture. que je n'ai et n'aurai pas d'enfants (au mieux un retriever) et que les générations futures je m'en tape (et leur souhaite bien du plaisir). que le métro il fait chaud. que le vélib ça ne marche jamais et a déjà tué six personnes. etc.
sauf qu'hier j'étais très en retard pour un rendez vous pas très important à l'étoile. j'ai donc pris le métro (2 stations depuis chez moi ça ma paru acceptable). en début d'après midi. je m'assois. face à un mec. charmant. grand. brun. qui me sourit. qui descend à charles de gaulle étoile. moi aussi. me laisse imaginer la marchandise. nous allons boire un café (j'ai complètement zappé que j'étais en retard). conversation très chaude et pleine de promesses sexuelles. rendez vous est pris pour le lendemain, cad aujourd'hui. il m'inonde de sms torrides, voire graveleux ce qui n'est pas pour me déplaire.
nos appartements respectifs n'étant pas disponibles pour cause de conjoints (p. ne travaille pas cette semaine), je décide donc d'utiliser la clé du pied à terre d'un ami exilé depuis longtemps à l'étranger. Je l'appelle ce matin, lui explique, il me donne son accord, j'arrive un peu avant le rendez vous, change les draps, etc.
arrive mon usager du métro. dénommé r.
je m'étais depuis hier je dois l'avouer un peu fait mon film m'imaginant avoir trouvé un 5 à 7 fiable, sans prise de tête et bien chaud.
la déception a été à la hauteur de l'attente. pour faire sobre, disons que sa bite en érection a la taille de la mienne... au repos. et hélas, mille fois hélas, je ne suis pas monté comme un âne.
mes espoirs se sont donc envolés. nous avons fait notre toute petite affaire. je l'ai viré. j'ai enlevé les draps, les ai porté au pressing d'en bas.
et définitivement, inutile de me reparler du métro.
19:00 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
29.03.2009
home again
j'ai voulu venir ici raconter quelques trucs mais le temps m'a manqué. me manque. le temps s'accélère parce qu'il me reste moins de temps?
et curieusement je viens ici ce soir où j'ai pu à livrer. retour hier de vacances peu fabuleuses au ski. morzine comme il y a longtemps. avec p malade depuis mercredi. bronchite. et deux de ses amis qui pourraient mériter leurs portraits ici tant ils sont la caricature du couple de pd cheap; p et moi relevant d'une caricature de pd d'un autre type je l'espère.
ces vacances m'ont confirmé si besoin que je ne suis pas fait pour la quotidien et la promiscuité. p et moi avons trouvé un équilibre parce que nos échanges ne portent jamais sur les contingences matérielles de l'un et de l'autre. alors passer une semaine à commenter l'intérêt d'une machine à faire le pain ou du prix de la raclette m'a laissé sur les rotules. je suis resté courtois policé souriant comme si j'étais au boulot. aucun intérêt.
j'ai passé un peu de temps avant un séjour plus riche que je vais essayer de raconter ici. mal parce que déjà vieux de deux semaines. j'ai fait pour mon boulot un tour d'amérique du nord dans des destinations improbables où j'ai retrouvé des collègues tout aussi improbables. montreal, minneapolis, atlanta, las vegas, calgary en gros en 10 jours.
peu d'interêt sauf les trois jours passés à vegas. je m'étais promis de ne jamais y retourner tant j'en détestais l'artificialité. là pas le choix bloqué pour une convention de boulot.
séjour au whynn, flambant neuf. j'ai joué -beaucoup- un peu partout au bellagio surtout où je me suis pris de passion pour la roulette. réelle excitation. beaucoup gagné. perdu plus encore. les couilles bien pleines de mon séjour, j'étais surtout motivé à me les vider n'ayant pas grand chose d'autre à faire de la journée.
j'ai commencé par deux canadiens trouvé au starbucks du fashion mall. malgré une discussion motivante, je me suis éclipsé arguant de courses à faire au dessus chez abercrombie. où ils m'ont retrouvé. devant mon hésitation, ils m'ont proposé de vérifier la marchandise en cabine. j'ai suivi finalement. au vieux circus circus. je n'ai pas été déçu.
j'ai poursuivi sur ma lancée le lendemain matin en les retrouvant le lendemain. dans ma chambre. à un étage rempli de mes collègues. qui étaient sur le palier quand ils sont rentrés bien sûr. quitte à avoir une réputation de pd, autant avoir une réputation de salope que d'une tarlouze tourmentée.
ca a motivé un de mes collègues que je ne connaissais pas à m'approcher lors du diner le même jour. j'étais open. à tous les sens du terme. vite fait bien fait.
cet épisode, un peu pathétique j'en conviens et sans doute encore un peu plus de le raconter ainsi, a pourtant eu un effet catharsis. me rappelant mes -très longues- heures de vol. avec une certaine nostalgie.
p. est vital à mon équilibre. il est devenu ma vie. nous avons des projets à court moyen et long terme. nous sortons beaucoup. nous voyageons. nous voyons peu de monde. dans une relation quasi exclusive qui laisse peu de place.
je conserve pourtant l'envie de plaire. de baiser facile. ce séjour m'a montré que c'était encore possible. pour combien de temps pourtant? pour faire bref, j'ai le feu au cul.
alors cet après midi prétextant p. malade et un jogging au bois, j'ai repris mes visites. je suis retourné rue greneta. une heure pas plus. j'ai trouvé ça glauque même si j'ai trouvé ce que je cherchais. je m'en veux un peu, pas plus que ça en fait.
j'ai juste un peu peur de retomber dans l'obsession qui a été longtemps la mienne. baiser à tout prix. on verra bien.
21:45 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
09.02.2009
suranné.
il y a des messages comme ça qui donnent envie de revenir.
il y a des messages comme ça où tout est dit et je n'ai plus grand chose à ajouter.
je m'interroge parfois sur le fait qu'il me soit plus facile d'être prolixe quand tout va mal que quand tout va bien. par moments, certes furtifs, certes rares, il m'arrive de prendre conscience de mon apaisement et d'un certain - j'ai du mal à employer le mot- bonheur.
même en l'écrivant pourtant, ce mot me semble étranger, peu appliqué à ma nature. et pourtant une observation détaillée de ma condition m'oblige à admettre que tout va bien. bien sûr je pourrais raconter ici mes petites contrariétés, mes interrogations existentialistes sur des aspects matériels que sont la couleur d'une voiture, le choix entre le train et l'avion pour descendre dans le sud, avoir un labrador chocolat ou pas.
est ce que l'ennui me guette?
sans doute. mais un ennui mélancolique, doux. une certaine vacuité. qui me laisse assis, raccord dans le décor, sur un canapé armanicasa. quelque chose de désuet, de suranné.
ça ne sent pas encore le renfermé parce qu'il n'y a pas assez de temps que je suis enfermé là. je vois mal pourtant à ce stade ce qui pourrait me motiver à sortir, convaincu de la vanité de toute chose.
alors à force de manque de désirs et de complexités, oui, je pourrais m'ennuyer. l'ennui est là, à la porte, je sais qu'il est là. les projets portenos avec p., la proche semaine de ski, quelques interventions professionnelles de ci de là, vont encore suffire à me distraire. combien de temps?
14:39 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
10.01.2009
quotidien
je me souviens il y a quelque temps en prenant un bain, repensant au post d'un fidèle lecteur, m'être dit que cela ne servait à rien de maintenir ce blog en vie et avoir pris la décision d'imprimer ma prose depuis presque trois ans et d'appuyer sur suppr. j'ai du passer à autre chose et finalement me revoilà encore.
revenu à un quotidien après une saison automne hiver marquée par un séjour en argentine jusqu'au phare du bout du monde, un peu de plage à rio et quelques jours chez ma mère, sans p qui n'a pas la même liberté professionnelle, dans la cité des anges.
buenos aires comme los angeles sont, l'une et l'autre, des villes assez fascinantes par leur démesure et leur énergie confirmant, si besoin était, l'ennui qui enveloppe paris, plus compassée et vieillie que jamais. je ne sais pas si c'est parce que ces villes me sont amies mais étrangères je trouve en elle une liberté, une envie de bouger que je ne trouve plus ici.
j'y ai rencontré ou retrouvé des gens que j'ai trouvé formidables, disponibles, attentifs. faut dire que ça fait longtemps que je n'ai rencontré de nouveautés à paris; je pense en particulier à a et m, soeurs fausses jumelles, soeurs d'une des plus anciennes amies de p. avec lesquelles nous avons passé des moments inoubliables. p et moi sommes devenus leur hermanos de corazon. elles seront ici en juillet prochain et nous à buenos aires en mai et novembre.
alors me voilà revenu dans un quotidien, solitaire, apaisé. je regarde la neige qui ne fond pas dans le jardin. j'allume le feu. je travaille un peu, efficacement et vite. je ne sors pas sauf pour quelques rendez vous et déjeuner au bar d'en bas. je fuis l'energie furieuse d'en bas de chez moi en cette période de soldes. je m'emploie à faire du yoga aussi souvent que possible.
peu de choses à dire. je n'ai jamais commenté mes sorties je ne vais commencer maintenant. ah si pinabausch au théâtredelaville. juin en janvier, seul changement. je lis parfois quelques blogs. je regarde la télé, sans le son le plus souvent, ce qui ne m'était jamais arrivé. je veille à savoir le moins possible ce qui se passe à l'extérieur, à ne pas lire le journal, tant je déteste l'époque dans laquelle je suis. je ne veux pas être un mouton. je lis. j'apprends l'espagnol. je programme des vacances au ski. je fuis mon père qui m'appelle depuis 10 jours pour me demander un truc. je pense au botox. je ne dirai pas je mange un oeuf, c'est déjà pris.
une bonne année quoi.
18:40 Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
15.12.2008
encore et encore
je voudrais me raconter encore et encore. mais le lien est cassé. plus de lecteurs. plus d'histoires. je mène une vie trop sage -et trop ennuyeuse?- pour avoir des choses à dire.
Bien sûr, je pourrais me concentrer comme avant sur mon shopping chronique, mes verres au barre d'hôtel en face, mes -rares- sorties, mes envies -sans résultat probant à ce stade- de retrouver le sexe anonyme, mes projets plus ou moins professionnels, etc.
je pourrais jouer ma pauvre petite fille riche en racontant le concertdemadonna à buneos aires, le noel à venir à rio et buenos aires à nouveau, l'appartement dont je suis désormais propriétaire (surtout p en fait) quelque part à puerto madero où je me verrais bien passer des hivers de retraité européen.
je pourrais partager la très grande sérénité qui est la mienne pour ce qui concerne le travail. comme je dis à mes amis stressés par leur job, que le stress n'est acceptable qu'à partir de 20 smic/mois. à un court moment, j'ai pu culpabiliser sur l'indifférence que je ressens vis à vis de mes collègues, de leur implication, de leur attention au chiffre. j'ai pu regretter que mon détachement me conduise à ne pas toujours être dans les meilleurs coups, à ne pas être dans le secret. c'est au contraire le gage de ma très grande liberté. j'ai décidé de ne plus culpabiliser à rester chez moi, à travailler peu, à concentrer mon temps à ce qui me plait en ce moment: marcher dans paris pour essayer de le-redécouvrir, faire du yoga dynamique, passer du temps avec p moins épargné que moi dans son quotidien.
je vis une vie de retraité. je n'ai plus de rage. je n'ai plus de colère (sauf contre la poste, la sncf, air france mais là aussi ce sont des colères de vieux). je m'emploie à devenir un beau vieux, cool, apaisé.
alors faire quoi?
20:44 Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
06.12.2008
volver
paris à nouveau.
paris après trois semaines intenses qui rendent le retour encore plus difficile.
buenos aires ushuaia buenos aires sao paulo rio buenos aires.
paris plus petit. plus gris. étriqué.
comme ma vie ici.
inutile de raconter ici ces trois semaines, je suis assez mauvais pour décrire le bonheur.
alors rentré, pour me mettre plus rapidement si besoin dans le mood en l'absence de p qui n'arrive que lundi, j'écoute barbara et regarde les chansons d'amour de christophehonoré.
ici mon soleil est noir.
17:05 Publié dans down | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
11.10.2008
amorti
fin d'une semaine qui me laisse très amorti.
j'ai voulu venir ici plusieurs fois raconter mon week end dernier et deux trois choses de ma semaine mais je n'ai pas su/pu trouver le temps.
j'avais accepté par faiblesse et parce qu'il m'est encore difficile d'affirmer et d'assumer un non, d'être le parrain du troisième fils d'une de mes vieilles amies, connue à lyon lorsque nous étions en première. Pendant une quinzaine d'années nous avons été assez proches, elle vivant sa vie de fille à pd parisienne, moi m'embourbant dans des histoires compliquées. c'est par elle que j'ai connu j. avec qui j'ai passé 7 ans je crois de ma vie, qui est devenu pour moi un grand frère de substitution avant de devenir un quasi étranger, un voisin avec qui je converse aimablement lorsque nous nous croisons dans la rue du boccador.
il y a quelques années, elle s'est mariée avec un mec improbable et est partie vivre dans le sud ouest, quelque part dans les landes près de bordeaux. mariée à un militaire je précise. j'ai été le témoin de ce gachis.
de loin en loin, nous sommes restés en contact par habitude pour ce qui me concerne plus que par réelle envie. lors de ses visites à paris, chez sa mère qui vit là, j'organise souvent un diner avec des gens dont nous fumes proches et qui sont désormais des notables mariés avec enfants. disons que c'est mon lien unique avec la norme des couples hétéros de mon age, mariés, avec des enfants, propriétaires.
me voilà donc parti samedi matin à bordeaux avec p. qui avait accepté de m'accompagner. j'ai reculé au plus le moment des retrouvailles avec la famille en déjeunant avec e. mon exex qui vit une double vie à bordeaux le week end. p. et e. se sont bien entendus. on a pu comparer nos basketsdior, les instituts qui ouvrent partout, le dernier roadster acheté par le mec d'e. etc. des vraies histoires de pd installés (engoncés?) dans leur vie quoi.
c'était je pense la première fois que p. et moi assumions notre situation de couple dans un évènement extérieur à notre vie et à nos familles respectives. je n'avais pas de doute que connaissant l'aspiration de la famille de n. à, à la fois, un certain statut social et la volonté de témoigner une certaine ouverture d'esprit, cela se passerait bien. ce qui fut le cas.
sauf que je tire quelques leçons de ces deux jours:
- je ne suis pas capable de vivre dans une situation que je ne veux pas vraiment: par faiblesse d'assumer un non, j'ai du jouer un rôle au dessus de mes forces, me forçant à sourire à parler avec des gens qui ne signifient rien à mes yeux.
- je ne supporte pas l'hypocrisie de ces réunions de famille. je connais trop les méandres sordides de la famille (le père de n. suicidé, la mère qui va se faire sauter par un mec plus jeune que ses filles dans sa maison de marrakech tout en couchant avec le père de son gendre (toujours marié)! (celle la je n'aurais pas su l'inventer),...) pour ne pas voir toutes les compromissions que supposent ces journées de réunion familiale.
- je suis content de mon statut et de ma vie de pd parisien affranchi de ces obligations.
- je n'aurais pas eu la force de faire, d'élever, de torcher, trois enfants. j'aurais peur pour eux et je n'aurais pa su les préparer au monde dans lequel ils vont devoir vivre.
- je me suis découvert une certaine mesquinerie en ne pouvant m'empecher lors du déjeuner dominical de compter combien ce week end m'a coûté, entre avion, voiture, hotel, cadeaux. l'idée d'approcher les 4 billets de 5 m'a rendu furieux de ne pas être à palombaggia avec p. dans le calme et le soleil.
- j'ai été très mal à l'aise pendant la messe de voir faire des isgnes de croix sur la tête de ce pauvre gosse qui n'a rien demandé. j'ai eu le sentiment vague de faire acte d'allégeance à une secte.
p. et moi sommes rentrés dimanche soir dans un état d'épuisement physique et nerveux. et de rage contre ce temps, ce soelil, cet argent perdu. je suis un égoïste qui doit apprendre à s'assumer et à dire non plus souvent encore.
cette semaine a été dure. un tour d'europe dont je n'ai vu que les hotels et les aéroports. des journées entières avec les dirigeants du groupe qui m'emploie. et là pas le choix, mode play du petit déjeuner au diner. trois jours de calvaire. non pas que ces gens soient mauvais. mais il fallait leur montrer que je n'étais pas mauvais non plus. que j'étais maître de moi.
tous sont dans cette entreprise depuis longtemps. des décennies. ils ont grandi avec. ils vivent donc dans l'aura du fondateur et vivent leur vie en employés modèles. ce qui est loin d'être mon cas bien sûr. curieusement cela m'a moins couté de jouer mon rôle ici que durant le week end. la reconnaissance du ventre. comme me dit p. penses à ton taux horaire (en référence à mon habituellement faible productivité affalé sur mon canapé ou devant mon ordinateur) et souris.
une discussion avec le numéro deux programmé pour devenir le numéro 1 à moins que le numéro trois ne lui pique la place, m'a pourtant laissé sur le cul. j'ai déjà dit ici que mon travail reposait prncipalement sur la flatterie et l'écoute et que j'ai croisé une bonne dose de mégalos.
à l'issue d'une discussion assez longue lors de ces moments suspendus entre deux aéroports, où j'ai pu faire un peu de lèche et témoigner de mon intérêt pour sa loghorée, il m'interroge pour savoir si j'ai apprécié cet échange. je réponds favorablement bien sûr, pas le choix. il me répond alors que son comportement, son ouverture, sa transparence et sa sincérité (mâtinée d'une sérieuse langue de bois) doivent être considérés comme un modèle et qu'il m'invite à adopter la même attitude. j'ai souri et l'ai remercié. je ne pense pas qu'il y avait de la perfidie envers moi dans son propos. il aurait servi le même discours à tout le monde. je n'échapperai pas à la norme.
il a fallu que je me remette de tout ça en consacrant ma journée d'hier, comme toute aspirante bourgeoise qui se respecte, à moi: j'ai passé mon après midi chez payot. coiffeur. yoga. pour oublier.
je ne peux pourtant accepter que ma vie ne se réduise à ça. faut que je trouve un truc à faire dont je sois fier.
10:03 Publié dans au comptoir | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
02.10.2008
rappel à l'ordre - ma petite entreprise
j'ai beaucoup appris à mes dépens.
il y a un temps où je me prenais au sérieux. où j'y croyais. où j'étais investi dans mon travail.
c'était avant. avant que je décide de faire une pause qui a duré un peu plus de deux ans. je croyais que par la force de mon travail je pouvais contribuer à un changement, bon ou mauvais ( ma déontologie étant relativement extensible). que j'étais invincible par ma force de travail. cela a eu un prix.
j'ai claqué la porte de la fonction publique, monde dans lequel j'avais trempé (et pas que ma queue) depuis l'age de 20 ans. suis allé pantoufler dans le privé dans un poste, je l'ai déjà dit, aussi inintéressant que lucratif. depuis un peu plus d'un an, je fais semblant la majeure partie du temps, cultivant mon détachement veillant simplement à être là quand c'est nécessaire. loyal. j'ai la reconnaissance du ventre.
les choses se sont accélérées à la fin de l'été. la crise. très bénéfique. pas pour moi, pour mes employeurs. les plus gros absorbent les petits, régulation classique. beaucoup d'opportunités, d'urgences. beaucoup, vite et bien. c'est ce que je sais faire. c'est ce qui m'amuse. les détails m'emmerdent.
j'aurais pu continuer longtemps ainsi. me reprendre au jeu. j'avais été recruté pour mon statut d'alien, il n'y a qu'à surfer la dessus.
sauf que finalement j'ai vécu dans un monde très hierarchisé et que, connerie ou pas, j'ai toujours été à peu près écouté. où je pouvais, diplome et réseau aidants, me retrouver dans une situation incontournable. stratégique on va dire. et c'est ça qui m'amuse.
où je suis est plus complexe. il y a des réseaux que je décrypte mal. des modes d'échange qui ne sont pas les miens. beaucoup de brutalité dans le forme.
vendredi dernier, j'ai compris à mes dépens le gouffre qui me séparé de mes collègues et la difficulté finalement de n'être écouté que d'une oreille vaguement polie. je n'avais jamais été habitué. à me battre pour me faire entendre. pour défendre une position. à laquelle je ne crois finalement que peu ou pas.
un délicat pseuriasis sur l'oriculaire apparu il y a quelques semaines aurait du me mettre en alerte comme au temps des cabinets ministériels.
j'ai vécu ce vendredi comme une révélation brutale. une très forte contrariété. très très forte.
une fois passée, je me suis souvenu. la seule entreprise qui vaille c'est la mienne. c'est moi. mes projets.
alors j'ai élagué. six réunions ou déplacements cette semaine annulés qui m'auraient laissé sur les rotules. pour finalement la même paie à la fin du mois. je ferai quand je sentirais que l'on me respecte.
je reste chez moi. je me promène. je fais des siestes. c'est bon.
13:10 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
23.09.2008
happy birthday, mister franck
dans quelques heures, un peu plus de 24, j'aurais 38 ans.
depuis plusieurs années déjà je trouve qu'il n'y a rien à fêter à cette date et évite soigneusement toute publicité auprès de mes -rares- amis. la seule famille qui me reste, à savoir mon père et ma mère, oublie aussi généralement de mentionner cette date, à croire que cela ne les renvoie à rien de particulièrement heureux.
tout prétexte étant bon, j'ai décidé que je peux me justifier que la somme indécente dépensée en shopping hier après midi est consacrée à cet évènement.
je ne saurais dire le nombre de fêtes d'anniversaire assez tristes, j'allais écrire pathétiques, auxquelles j'ai assisté ces dernières années pour me motiver à renoncer définitivement à cet évènement.
il s'avère en outre que ma journée de jeudi est boguée par des rendez vous de travail, me laissant peu de temps pour en profiter pour me tirer des bites.
mais je consens bien volontiers à ce que tout le monde ne soit pas comme moi. je veille d'ailleurs à souhaiter leur anniversaire à tous les gens qui me sont proches.
ce blog n'est plus ce qu'il était. son caractère répétitif et plaintif, ainsi que ma négligence lui ont fait perdre la très grande majorité de ses lecteurs. un des points d'entrée important est visiblement le trio "gay baise plage" sur un moteur de recherche, ce que je prends bien sur pour un compliment au vu des nombres d'heures passées dans les fourrés de l'espiguette et de pampelonne.
parmi ces rares lecteurs, un récemment arrivé me fait l'honneur de m'adresser des messages que je lis volontiers. il a ressenti aujourd'hui le souhait de me dire que c'est son anniversaire. alors voilà je lui réponds:
joyeux anniversaire, cher passant.